Interview du DTN : Jean-Pierre de Vincenzi
GARDER RAISON
Jean-Pierre, quelle impression générale conservez-vous du titre de nos filles, championnes d’Europe ?
JPDV : Magnifique est le titre de l’Equipe de France féminine qui a fait la démonstration d’une grande efficacité et de solidarité tout au long de la compétition. L’image qu’elle a dégagée a été exemplaire pour notre sport. La stabilité émotionnelle de nos joueuses a démontré une fois de plus l’importance du mental dans le sport de haut niveau.
Y-a-t-il une partie du travail effectué que vous souhaitez mettre plus particulièrement en évidence ?
JPDV : Remonte en moi le souvenir de cette conférence de presse (mars 2008) où Pierre Vincent fut intronisé. Lorsque j¹ai cité les noms de ses assistants,un murmure d’étonnement, pour ne pas dire plus, a surgi à ma gauche du rang d’une certaine presse écrite… Pourtant, quelle fierté aujourd’hui de voir ce staff composé de quatre conseillers techniques (Pierre Vincent, Thierry Moullec, François Brisson, Patrick Chicanne) et d’un CTF (Didier Servant) tous issus de notre système (cadres d’état et fédéraux) Qui plus est, il serait superflu de rappeler que 9 des 12 joueuses composant notre Équipe de France sont issues de notre filière (pôles espoirs et CFBB).
Nous sommes si souvent critiqués que parfois cela fait du bien de voir que tout n’est pas à jeter !.
Ce succès de prestige doit vous faire chaud au cœur ?
JPDV : Mais en fait, tout ceci m’inspire beaucoup de recul. En effet, ce recul que les coups reçus et l’expérience vous nous inculquent. Je sais trop aujourd’hui que tout tient à très peu de choses…
Deux lancers francs ratés (remember l’Euro 2007), un ballon qui tourne autour du cercle à la dernière seconde (remember 2008), un panier manqué au buzzer, etc etc etc.., autant de choses infinitésimales qui peuvent vous propulser vers un podium, un titre, ou carrément vous enfoncer vers les profondeurs du classement.
C’est une composante incontournable du sport de haut niveau.
Aussi ce qui fait la grandeur des dirigeants, des entraîneurs et de tous les responsables, c’est de garder la tête froide en tourtes circonstances car les joies d¹aujourd¹hui peuvent rapidement devenir de grandes peines que certains s¹évertueront comme toujours à dramatiser.
La roue tourne si vite que j’ai toujours, même dans l’euphorie du succès, une certaine retenue malgré moi.
Toutefois, cela ne doit pas nous empêcher de savourer les bons moments à leur juste…



