LES EFFETS DU BALLON

par ANTONIO ALDEA traduit de l’espagnol par Jérôme FOURNIER

La compréhension de l’application des effets du ballon est fondamentale pour créer les fondations d’un bon apprentissage du tir, du dribble et de la passe, qui sont les mouvements fondamentaux du joueur.
Pour continuer, je vous expose quelques idées qui peuvent nous aider à faire réfléchir nos joueurs sur leurs qualités et leurs déficiences avec le ballon. Peut être que cela ouvrira également les yeux à certains d’entre nous.
En premier lieu, nous savons que le contrôle d’un ballon usé est extrêmement difficile. Le joueur dit souvent : « avec ce ballon, nous ne pouvons pas jouer car il ne s’attrape pas bien, il glisse ».
Et cela est vrai. Cela est dû aux conséquences des effets en basket ball.
Un schéma basique peut se traduire ainsi :

A/ LE TIR
Pour effectuer un bon tir, le ballon doit être contrôlé avec les bouts des doigts, empêcher son déplacement latéral, en le guidant avec le pouce et l’auriculaire (fig 1). L’index le majeur et l’annulaire, étant des doigts directeurs. Ce sont les derniers à rentrer en contact avec le ballon et ce sont également ceux qui donnent au moment du coup de poignet la force suffisante pour que le ballon tourne sur lui-même (fig2
Dans le cas où  le ballon ne rentre pas directement dans le cercle, le rebond sur le cercle ou la planche lui font perdre une partie de son énergie cinétique. Le vecteur du mouvement de rotation, après un choc sur un objet statique, tend à diminuer ou annuler l’effet de la force de gravité générer par la descente du ballon.
Ainsi est réduite la part de l’énergie imprimée au ballon de par son déplacement longitudinal (fig 3 et 4).

B/ LE TIR EN COURSE

Ici, nous touchons dans l’utilisation des effets à un des points les plus importants.
Généralement, nous disons que les joueurs qui manquent un tir en course sont en situation d’échec car le ballon quitte leur main trop proche du cercle. Dès lors, ils ne savent pas s’ils doivent s’appuyer sur la planche. Ceci étant, cela est très intéressant également de tirer sans utiliser la planche même si en utilisant la planche nous pouvons provoquer quelques fautes.
Nous devons avoir en tête que le joueur vient en mouvement avec une certaine énergie cinétique, avec un vecteur de déplacement horizontal et que le ballon au moment du lâcher, nous lui apportons une certaine énergie (cinétique en montant) avec un vecteur d’application verticale.
Cela a pour conséquence de conjuguer les deux vecteurs, et d’apporter à la trajectoire une courbe en diagonale.
Nous pouvons induire par conséquent, que le ballon après avoir frappé le carré, s’il n’est pas bien dirigé et freiné, frappe la partie extérieure du cercle et sort du cylindre du même cercle.
Pour éviter cela, nous devons contrôler le ballon à hauteur de hanche, l’élever vers la planche avec la palme en extension et en apportant dans la finition un mouvement de poignet (et précisément de l’annulaire et de l’auriculaire afin d’annuler les effets du poignet) (fig 5).
Ceci afin d’imprimer un mouvement horizontal du ballon sur lui-même.
Avant de frapper le panneau, le ballon a deux vecteurs de déplacement. L’un horizontal du ballon sur lui-même et l’autre de par son élévation vers le cercle.
Après son contact sur le panneau, le ballon subit un effet qui annule le précédent provoquant un petit mouvement du ballon vers le bas (fig 6).
B1 Tir en course crochet en partant de l’opposé du tir
Tir finalisé avec les épaules parallèles à la ligne de fond.
C’est le mouvement classique dans lequel nous initions l’impulsion avec le pied gauche et après être passé sous le panier lâchons le ballon, en imprimant un effet avec le poignet. Les doigts directeurs sont l’index, le majeur et le pouce de sorte que le ballon en tapant sur la planche rebondisse à la perpendiculaire du cercle (fig 7).
B2 « Lay back »
Tir finalisé avec les épaules parallèles à la ligne de fond.
Dans ce cas, nous entrons par la gauche. Ici après être passé sous le cercle, nous devons avoir les épaules parallèles à la planche et imprimer un effet avec l’auriculaire et l’annulaire de sorte que lorsque le ballon touche la planche, il retombe à la perpendiculaire de l’anneau (fig 8).

C/ LE DRIBBLE

C1 Le dribble statique
Les doigts directeurs sont dans ce cas les trois centraux (index, majeur et annulaire) qui apportent l’énergie impulsée après le mouvement du poignet pour apporter une légère rotation d’un quart de tour.
Le ballon descend et après avoir frappé le sol remonte sans aucun type de rotation. Ce qui permet un parfait contrôle de celui-ci (fig 9).
C2 Dribble entre une jambe
Nous n’avons pas l’habitude de voir ce type de dribble isolé mais accompagné d’un changement de main derrière le dos.
Ce qui est important c’est d’avancer le pied de la main qui dribble et d’impulser au ballon un effet de sorte qu’il tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (s’il s’agit de la main droite et dans le sens des aiguilles d’une montre s’il s’agit de la main  gauche).
Cela nous l’obtenons en impulsant le ballon avec l’index et le majeur et en stimulant chez le ballon une rotation vers l’intérieur du corps en rentrant le pouce vers l’intérieur de la palme (fig 10).
Le ballon, après avoir rebondi entre les jambes, tendra à effectuer la rotation voulue, c’est-à-dire qu’il restera à la parallèle de l’épaule de la main qui dribble. Et avec la même main qui dribble, nous pourrons effectuer le changement de main dans le dos (fig 11). Il est important de déplacer la hanche latéralement. Avec la pratique le mouvement de la hanche favorise le déplacement vers l’avant.
C3 Dribble entre les jambes
C31 De devant vers l’arrière
C’est le plus utilisé parce qu’il permet de protéger le ballon avec le corps.
Avec  un certain niveau de pratique, la tendance naturelle est de tourner la main qui dribble vers l’intérieur du corps avec le pouce, l’index et le majeur. Nous obtenons avec cela, qu’après le dribble, le ballon ne s’éloigne pas du corps et reste à la verticale du dribble. En outre, par l’effet imprimé, la main réceptionnant le ballon qui est un peu en retard tend à s’échapper devant. Précisément là où nous souhaitons que le dribble puisse s’organiser (fig 12).
C32 De l’arrière vers l’avant
Nous n’avons pas l’habitude de l’utiliser dans la mesure où il ne permet pas de protéger le ballon avec le corps.
Par contre, il permet de sortir avec un changement de rythme rapide en utilisant le même mouvement du ballon que sur le changement de main précédent.
Le mouvement du ballon s’effectue avec tous les doigts, mais au contraire d’avant, les doigts directeurs de l’effet sont l’annulaire et l’auriculaire, de sorte qu’après avoir frappé le sol, le ballon tend rebondir au niveau de l’épaule de la main qui va recevoir le ballon.
Cela permet de ne pas dévier et de faire suivre le ballon dans le sens de la course (fig 13).
C4 Changement de main par derrière
Nous prenons le ballon et nous l’accompagnons par derrière. La technique est identique au changement de main entre les jambes de l’arrière vers l’avant.
Les doigts directeurs de l’effet rotatif sont l’annulaire et l’auriculaire et le ballon après avoir frappé le sol, ne s’éloigne  pas du corps latéralement, mais rebondit dans le sens de la course en direction de l’épaule de la main qui va le recevoir.
C5 Dribble entre les jambes et  « reverse »
La dynamique commence de la même façon que le changement de main entre les jambes, mais la main qui réceptionne, qui est un peu en avance à la réception accompagne le dribble comme s’il s’agissait d’un changement de main dans le dos.
L’important ici est d’utiliser l’effet du ballon après que celui-ci ait frappé le sol. La main qui réceptionne devant accompagner cet effet.
Fixer la main qui doit réceptionner et imprimer au ballon un effet dans le sens inverse des aiguilles d’une montre (pour les droitiers), générant deux effets contraires.
Nous avançons le pied de la main qui va recevoir le ballon et l’effet donné au ballon permet à celui-ci de remonter en avant du pied avancé et perpendiculairement à cette même main.
Comme si le parcours du ballon imprimait une forme d’ovale d’une main à une autre (fig 14).

D/ LA PASSE

Généralement dans la passe, il ne semble pas très intéressant de marquer les effets. Toutefois, il convient pour quelques passes à terre de les imprimer.
D1 Passe à terre en accélération (« top spin »)
Utilisée dans les situations durant lesquelles le mouvement du joueur est le plus intense (première passe de contre attaque ou contre attaque dans la partie médiane du terrain). Elle se réalise en donnant  un effet au ballon avec l’index et le pouce de sorte que le premier regarde le sol et le pouce dirigé vers le haut. Les autres doigts s’orientent vers l’intérieur de la main (fig 15). Ceci apporte au ballon un effet qui dès sa réception au sol va accélérer son mouvement vers l’avant (fig 16).
D2 Passe à terre en décélération (« back spin »)
Utilisée dans des situations dans lesquelles le joueur récepteur doit limiter sa vitesse de mouvement. Ici, le ballon doit être quasiment « mort » à la réception (fig 17).
Elle se réalise en donnant un effet inverse au précédent. Ici le pouce est orienté vers le bas à la fin du geste (fig 18).
D3 Passe à terre désaxée de l’extérieur vers le poste bas
Ici le ballon après le rebond prend la direction de notre poste bas. Le passeur doit après avoir sorti le ballon de l’axe du corps utiliser comme doigts directeurs de l’effet le pouce et l’index et le mouvement de passe est accentué à l’aide du poignet et de tout le bras (fig 19).
Pour finir, nous pouvons indiquer qu’il n’est pas toujours bénéfique d’utiliser des effets très prononcés. Par exemple, nous voyons parfois dans des catégories inférieures et devant la pression d’une équipe qui défend tout terrain, pour remontée le ballon, utilisée non pas une passe « base ball » mais plutôt une passe identique à un service de Cesta Punta. Passe qui part de derrière la hanche, avec un effet horizontal donné à la balle. Ainsi, après le rebond, le ballon prend une autre direction que celle souhaitée.
Il faut noter que le type de passes comme celles utilisées pour jouer aux quilles ne sont pas utilisées non du fait de la difficulté de la réception après le rebond mais plutôt davantage pour les effets très accentués et avec moins de contrôle que le « top spin ».En espérant que toutes ces informations vous permettent d’enseigner la technique individuelle de façon plus rationnelle et analytique.

Voici le document original avec les figurines servant de référence

Document original EFFETS DU…


2 Commentaires

  1. Très bon article ! Très technique ! Le top serait d’avoir un peu plus d’images, vidéos etc mais c’est déjà un très bon article. Merci Jérome !

  2. Nous sommes en train de travailler sur les supports vidéos, sur des thématiques techniques bien sur. En espérant mettre en ligne la première avant la noël. Ce sera notre cadeau…

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